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Ouverture du festival : le compte-rendu !
Surprenant et éclectique, le premier jour des Trans a donné le ton des festivités. Jolie mise en bouche.
Au 4 bis, dans l’après-midi, trois groupes ont ouvert les hostilités, montrant que le rock français était loin d’être monochrome : noisy et rêveur ave Osni, dansant et post-punk avec The Bird Is Yellow et enfin grunge pop avec Misty Socks. Cependant, les affaires sérieuses ont vraiment commencé quelques heures plus tard à l’Ubu, historique salle rennaise, qu’une affiche diablement variée avait remplie.
Contrairement à ce que son nom d’artiste suggère, Peter Winslow est bien français. Avec ses trois accompagnateurs et sa pop anglophone, colorée et enlevée, il a lancé la soirée en douceur. Des refrains parfois collants comme une brochette de marshmallows, des riffs funk sautillants et des effets électro…sa série de grands écarts entre Supertramp et Daft Punk, Phoenix et Outkast, a bien mis en jambes.
Ensuite, c’est un débutant de plus de soixante ans qui a créé l’attraction, Slow Joe, repéré juste avant sa prestation en train de draguer. Sorte de Johnny Cash indien, le chanteur en provenance de Goa a d’ailleurs joué au crooner charmeur. Avec, à côté de lui The Ginger Accident, des blancs-becs impec’, il a donné un premier et émouvant concert de Rythm’n’Blues à l’ancienne, entamé acapella et fini par une déclaration d’amour au public.
Tout ce qui a précédé ne nous avait pas préparé à la claque qui allait suivre, celle assénée par les Anglais de Transformer, quasi-inconnus qui ont mis petit à petit le feu à l’Ubu. Quand il est arrivé avec son look tout droit sorti d’un remake de Wallstreet (le film de golden boys avec Tom Cruise), le chanteur binoclard du groupe, originaire de Brighton, semblait bien sage. Et pourtant, une demi-heure après, il secouait son clavier dans tous les sens et, en guise de final, se lançait dans un improbable et jouissif medley où se mêlaient Simian, Depeche Mode, Eurythmics ou…“Le Cactus” de Jacques Dutronc !
Transformer mérite bien son nom : le quatuor, d’apparence taillé pour animer le bal de fin d’année d’un lycée américain, se transforme en un claquement de mains en une implacable machine à danser. Surfant sur la vague electro disco punk lancée par LCD Soundsystem et s’inspirant de Talking Heads et les autres précurseurs des 80’s, les Anglais n’inventent rient mais jouent avec une telle énergie, une telle soif de faire bouger le public que celui-ci ne s’y est pas trompé et leur a réservé une sacrée ovation. En fait, il n’a pas eu le choix : les rythmiques coup de poing, les riffs de guitare funk et les lignes de basse éléphantesques ont eu un tel effet euphorisant que peu de spectateurs ont pu y résister.
V.B.