Samedi 05 décembre
le Journal du Festival
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Julien Ermine, Maël Inizan, Nicolas Joubard, Philippe Rémond, Sarafossette, Dominique Vrignaud
Live Report

Live Report#4
Samedi 5 décembre 2009


Dernière ligne droite du festival : l’heure de (re)sortir les vieilles gloires, les as cachés dans la manche, et la boule à facettes.

Dans l’après-midi, tandis qu’à l’intérieur du 4bis, la tribu Lilloise Roken is Dodelijk régalait gratuitement le public de son folk sympathique dans une moiteur torride, à l’extérieur, les CRS chargeaient gratuitement les chômeurs qui manifestaient dans un froid humide. Rennes, terre de contrastes.

Contraste aussi plus tard dans la soirée, mais positif cette fois, entre l’ancien Rodriguez et le jeune loup The Narcicyst. Tous les deux jouaient pratiquement en même temps, et le choix fut cornélien tant le niveau était élevé. Le premier, légende oubliée du folk américain des années 70, a mis une claque à tous les Dylan, Lou Reed et Arthur Lee de la planète, dans un show poignant à la simplicité raffinée, que même son backing band lourdaud ne parvint pas à gâcher. Une pure bulle spatio-temporelle. À côté, le Canadien d’origine Irakienne The Narcicyst s’ancrait lui dans l’air du temps : hip hop militant mais pas couillon, (le gars est titulaire d’un masters en communication), boosté par de vrais instruments sur scène (dont une harpiste, faut oser), l’homme possède un flow et un sens du travail bien fait qui en font un artiste dont il faudra suivre la trace en 2010.

Dans un autre style, le trio danois The Politics, avec son chanteur élastique, lâcha un set énergisant d’electro pop super bon esprit, prouvant qu’on a encore le droit de s’amuser en jouant de la musique.

Les Sud-Af de BLK JKS (prononcer Black Jacks) ont aussi affiché une joie de jouer communicative, justifiant sur scène leur surnom (un brin osé) de TV On The Radio Africain, avec leur cocktail bizarre de rock bruitiste, jazz, ska, et surtout une désinvolture bien cool...

À côté, le collectif parisien Push Up s’échinait à revisiter le funk 70’s à la Shaft avec trop d’application pour que le groove emporte ce concept un peu trop scolaire malgré les talents en présence. Dans l’après-midi, « Mamie » Naomi Shelton avait donné une leçon de soul vintage sans surprise mais en contre-exemple parfait: exalté, libre, et qui sortait des tripes.

Sauvage et efficace, voilà qui décrira bien le reste de la soirée, mise à sac par le biais de l’électro : chauffé à blanc par la techno de hooligans des Irlandais de The Japanese Popstars, Mr Oizo ne ratait pas son rendez-vous des Trans et déboîtait le dancefloor avec un set maximal qui dévastait tout sur son passage. Autant dire que derrière, Popof et les deux encapuchonnés de South Central n’en demandaient pas tant, et ont pris un plaisir sournois à achever à coups de beats massifs les derniers survivants encore debout. À 5 du mat, la finesse de Danton Eeprom arrivait trop tard, mais confirmait qu’il allait falloir suivre aussi le bonhomme, promis à une belle année 2010.

O.G

Vendredi 04 décembre
le Journal du Festival
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Julien Ermine, Maël Inizan, Nicolas Joubard, Philippe Rémond, Sarafossette, Dominique Vrignaud
Live Report

Vendredi 4 décembre
Troisième Jour : Le marathon s’accélère et on perd le fil du temps.


Programmé en début d’après-midi au 4 bis, le trio d’I’m Fresh You’re Pretty et leur electro rock ultra dansant auraient mérité un horaire plus nocturne et une atmosphère plus enivrée. A la Cité, les néo-hippies californiens de Brightblack Morning Light, eux, étaient parfaits pour la sieste, interprétant des morceaux monolithiques… d’un quart d’heure. Une pique adressée à Obama, prix Nobel de la paix bien guerrier, nous a rassurés : ils savent que l’on est en 2009 et pas en 1967. Une campagne d’information vivante contre les drogues… Armé d’une chorale, d’une cagette, de flûtes à bec, d’un violoncelle, de guitares et de machines (notamment) le groupe français Gablé a démontré son potentiel d’expérimentation, entre folk, noise et le nimportnawak… Parfois irritant.

Au Parc des Expos que les Trans investissent jusque dimanche à l’aube, les Islandais de FM Belfast ont donné, eux, plus dans le naturel que dans la pose. Cette joyeuse et hétéroclite troupe – dont un rigolo coiffé en Napoléon – a offert un rafraîchissant lifting à l’electro-pop. A saluer, notamment, leur reprise à la Ace Of Base punk de “Killing In The Name” de Rage Against The Machine. Dans la foulée, l’improbable chorale de Gaggle a intrigué. Imaginez seize Londoniennes en robes bariolées et en peintures de guerre, braillant ensemble… Hum. Les Ecossais de The Phantom Band étaient moins nombreux sur scène mais leur rock texan mutant et psychédélique, arrosé de whisky pour le chanteur, a produit son petit effet.
Comme la Jamaïcaine Terry Lynn qui a compensé quelques flottements dans son show d’electro dancehall, entre Sizzla et Daft Punk, par pas mal d’attitude.

Dignes candidats à la succession de Kasabian et peut-être de U2, les Anglais de Detroit Social Club et leur chanteur fort en gueule n’ont pas manqué de cran et imposé leur rock héroïque avec l’aplomb de pros. Alternant notes dans son saxo et pas de danse sexy, la Californienne Jesse Evans a brouillé les pistes avec son cabaret jazzy et new-wave – mention spéciale à Toby Dammit, véritable robot du beat, batteur ne perdant jamais le groove. Attendue comme la messie venant du froid, la Suédoise de Fever Ray en a profité pour organiser une fascinante messe cold wave, avec lasers, masques et éclairages minimalistes. Impressionnant, même si la magie (noire) a surtout opéré sur les premiers rangs.

A côté, la prestation bordélique et déjantée de Major Lazer, le projet des producteurs Diplo et Switch, a opéré comme un tonneau de boisson énergisante. Avec 2 Mc’s et 2 danseuses des plus hot (parfois enroulées autour des platines) venues de Jamaïque, ce mix de dancehall et de techno a pris toute sa dimension festive. Au point qu’à l’issue de cette heure de folie, la scène était envahie de spectatrices venues secouer leur booty ! Wicked… A vrai dire, on ne s’en est pas vraiment remis et seul le passage de Wankin’ Noodles, à près de 4 h du mat’, nous a empêché de sentir la fatigue. Du rock euphorisant par les Hives français, véritable valeur montante locale…

V.B.

jeudi 03 décembre
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Live Report

Evénement
Transmusicales : Live Report#2
Jeudi 3 décembre


Deuxième Jour : les Trans retrouvent le Liberté, les choses sérieuses commencent. Ou pas.

Si la moyenne d’âge des musiciens qui se produisent cette année doit tourner autour de la vingtaine, les Trans ont une histoire.
Ainsi, jeudi soir elles accueillaient Complot, autrefois (il y a quinze ans !) Complot Bronswick et gloire locale new wave habituée du festival. Avec des guitares tranchantes et une bonne énergie, leur come-back a été bien mieux qu’une suite de Papy fait de la Résistance. Complot maîtrise en effet le post-punk vu que ses membres le pratiquent depuis près de trois décennies.

Pour la première fois depuis 2003 et le passage tellurique du Bérurier Noir, les Trans retrouvaient aussi la salle du Liberté, ancien palais omnisport devenu énorme quartier général. Les années de travaux ont été bénéfiques, notamment pour l’acoustique. En revanche, la circulation reste toujours problématique, notamment pour gagner la salle au-dessus, L’Etage… Du coup, coincé dans les bouchons humains, on ne parlera pas des Canadiens de Beast. En bas, après la pop proprette de The Whitest Boy Alive, l’Anglaise VV Brown a déroulé un show twist R’n’B bien clean durant lequel elle a fait sans vergogne sa promo.

Le collectif Abraham Inc avait lui une toute autre présence : Socalled, aux machines, et l’impressionnant clarinettiste David Krakhauer ayant débauché Fred Wesley, tromboniste de légende ayant accompagné James Brown. Mêlant hip hop, funk et musique klezmer, leur prestation a bien réchauffé l’assistance, nous transportant dans un festival de jazz estival… pas mal pour un froid soir de décembre à Rennes.

Alerte rouge ! Avec Hook and the Twin, la magie des Trans a opéré : avec juste deux maxis à son actif, le duo anglais a gagné le prix de la révélation du jour. Un chanteur qui saute de la guitare à la basse et empile les boucles, un batteur qui ne perd pas le beat : voici un groupe qui, entre electro et psyché-rock, promet beaucoup.

En revanche, il serait étonnant que An Experiment On A Bird In The Air Pump ait une longue carrière. Cachées derrière un son chargé en saturation et leur look gothique, les trois londoniennes ont donné un concert aux allures de gag - batteuse frappant comme une automate, guitariste jouant sur une corde… En comparaison, les Ramones, c’était Miles Davis !

La soirée s’est finie sur une sacrée curiosité avec la venue de Vrelo et sa chorale serbe de huit femmes. Pas de doute, les Trans aiment nous proposer d’étranges choses qu’on ne verra pas ailleurs.

VB

mercredi 02 décembre
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Julien Ermine, Maël Inizan, Nicolas Joubard, Philippe Rémond, Sarafossette, Dominique Vrignaud
Live Report

Evénement >> Transmusicales 
Ouverture du festival : le compte-rendu !



Surprenant et éclectique, le premier jour des Trans a donné le ton des festivités. Jolie mise en bouche.

Au 4 bis, dans l’après-midi, trois groupes ont ouvert les hostilités, montrant que le rock français était loin d’être monochrome : noisy et rêveur ave Osni, dansant et post-punk avec The Bird Is Yellow et enfin grunge pop avec Misty Socks. Cependant, les affaires sérieuses ont vraiment commencé quelques heures plus tard à l’Ubu, historique salle rennaise, qu’une affiche diablement variée avait remplie.


Contrairement à ce que son nom d’artiste suggère, Peter Winslow est bien français. Avec ses trois accompagnateurs et sa pop anglophone, colorée et enlevée, il a lancé la soirée en douceur. Des refrains parfois collants comme une brochette de marshmallows, des riffs funk sautillants et des effets électro…sa série de grands écarts entre Supertramp et Daft Punk, Phoenix et Outkast, a bien mis en jambes.


Ensuite, c’est un débutant de plus de soixante ans qui a créé l’attraction, Slow Joe, repéré juste avant sa prestation en train de draguer. Sorte de Johnny Cash indien, le chanteur en provenance de Goa a d’ailleurs joué au crooner charmeur. Avec, à côté de lui The Ginger Accident, des blancs-becs impec’, il a donné un premier et émouvant concert de Rythm’n’Blues à l’ancienne, entamé acapella et fini par une déclaration d’amour au public.


Tout ce qui a précédé ne nous avait pas préparé à la claque qui allait suivre, celle assénée par les Anglais de Transformer, quasi-inconnus qui ont mis petit à petit le feu à l’Ubu. Quand il est arrivé avec son look tout droit sorti d’un remake de Wallstreet (le film de golden boys avec Tom Cruise), le chanteur binoclard du groupe, originaire de Brighton, semblait bien sage. Et pourtant, une demi-heure après, il secouait son clavier dans tous les sens et, en guise de final, se lançait dans un improbable et jouissif medley où se mêlaient Simian, Depeche Mode, Eurythmics ou…“Le Cactus” de Jacques Dutronc !

Transformer mérite bien son nom : le quatuor, d’apparence taillé pour animer le bal de fin d’année d’un lycée américain, se transforme en un claquement de mains en une implacable machine à danser. Surfant sur la vague electro disco punk lancée par LCD Soundsystem et s’inspirant de Talking Heads et les autres précurseurs des 80’s, les Anglais n’inventent rient mais jouent avec une telle énergie, une telle soif de faire bouger le public que celui-ci ne s’y est pas trompé et leur a réservé une sacrée ovation. En fait, il n’a pas eu le choix : les rythmiques coup de poing, les riffs de guitare funk et les lignes de basse éléphantesques ont eu un tel effet euphorisant que peu de spectateurs ont pu y résister.


V.B.

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